Transformer les soins de santé à travers l'Afrique.

Que faut-il faire pour que les ressources destinées aux soins de santé se traduisent par de meilleurs services pour les communautés ?

La réponse ne se limite pas au financement. Elle passe par des systèmes plus solides, un leadership responsable et la capacité à gérer efficacement les ressources là où les soins de santé sont dispensés.

Dans l'État de Kaduna, cette prise de conscience conduit à passer de l'identification des lacunes en matière de gestion financière à la mise en place de solutions concrètes et durables au sein des établissements de soins de santé primaires (SSP).

Dans le cadre de sa collaboration avec le Conseil des soins de santé primaires de l'État de Kaduna (SPHCB), la Fondation pour la stratégie et la prestation des soins de santé (HSDF) soutient les efforts visant à renforcer la gestion des finances publiques, à améliorer la transparence en matière de recettes et à promouvoir une utilisation plus transparente et plus efficace des ressources consacrées aux soins de santé.

Ce parcours a débuté par la collecte de données factuelles. Les évaluations des établissements et le suivi des dépenses ont mis en évidence des lacunes critiques en matière de documentation financière, de gestion des recettes, de contrôles internes et de reporting. Ces conclusions ont servi de base à des interventions ciblées de renforcement des capacités dans les 23 centres d’excellence en soins de santé primaires de l’État, réunissant des responsables d’établissements, des comptables, des responsables sanitaires des collectivités locales et d’autres acteurs de première ligne.

Les premiers résultats se sont révélés encourageants. Les évaluations menées avant et après la formation ont mis en évidence une amélioration des connaissances dans toutes les zones participantes et tous les groupes professionnels, en particulier chez ceux qui présentaient les plus grandes lacunes initiales en matière de capacités. Toutefois, l’accent a continué d’être mis sur la nécessité de veiller à ce que ces améliorations se traduisent par des pratiques institutionnelles durables plutôt que par des acquis d’apprentissage à court terme.

S'appuyant sur ces progrès, le HSDF a présenté au secrétaire exécutif du SPHCB une série de recommandations pratiques et fondées sur des données probantes, qui ont reçu un soutien sans réserve de la part de la direction et ont été approuvées en vue de leur adoption. Ces recommandations comprennent notamment la formalisation des rôles des comptables des établissements par le biais d’un cahier des charges clairement défini couvrant les compétences, les responsabilités, les délais de rapport et l’obligation de rendre compte ; la normalisation et l’affichage public des frais de service dans l’ensemble des Centres d’excellence afin de promouvoir la transparence, de protéger les clients contre les frais arbitraires et de préserver les services désignés comme gratuits ; ainsi que l’institutionnalisation de réunions trimestrielles d’examen financier visant à renforcer le rapprochement des comptes, à identifier les écarts, à traiter les variations financières et à garantir la mise en œuvre de mesures correctives en temps opportun.

Cet engagement se traduit déjà par des actions concrètes. À la suite du plaidoyer mené par le HSDF en faveur de la mise à disposition d’outils standardisés de gestion des finances publiques (GFP) dans l’ensemble des établissements de soins de santé primaires, le SPHCB a soutenu leur mise à disposition et facilité leur distribution aux 23 centres d’excellence. Cela représente une étape importante pour doter les équipes des établissements des ressources pratiques nécessaires afin de renforcer la documentation financière, d’améliorer la tenue des registres, de favoriser la cohérence des rapports et d’ancrer la responsabilisation dans les pratiques courantes de gestion financière.

Une autre dimension tout aussi importante de ces progrès a été la protection des ressources humaines nécessaires pour pérenniser ces réformes. Consciente que des mutations fréquentes du personnel pouvaient perturber l’apprentissage institutionnel et compromettre les investissements dans le renforcement des capacités, la HSDF a plaidé en faveur de la continuité parmi les responsables de service (OIC) formés. Cet engagement a contribué à la fidélisation des cadres formés au sein des Centres d’excellence lors d’un vaste exercice de redéploiement, aidant ainsi à préserver le savoir institutionnel, à maintenir la responsabilité et à soutenir la dynamique de mise en œuvre. L’approbation de ces recommandations par le secrétaire exécutif, ainsi que le soutien du SPHCB à la diffusion d’outils de gestion des finances publiques (PFM), reflètent un changement important : il ne s’agit plus seulement d’identifier les faiblesses systémiques, mais de renforcer l’appropriation institutionnelle et de traduire des solutions concrètes en actions. Cela souligne également l’importance d’aligner les décisions de direction, la stabilité des effectifs et la gouvernance financière pour faire avancer une réforme durable du système de santé.

La distribution des outils de gestion des finances publiques (PFM) marquant une étape importante dans la phase initiale de mise en œuvre, et compte tenu de l’ambition à plus long terme d’étendre ces améliorations à l’ensemble du réseau de soins de santé primaires de l’État de Kaduna, la prochaine priorité consiste à veiller à ce que ces ressources et ces engagements se traduisent par des pratiques institutionnelles courantes, grâce à un accompagnement structuré, un suivi financier, une application cohérente d’outils standardisés et une évaluation continue des performances.

Pour le HSDF, cela traduit un engagement plus large en faveur du renforcement des systèmes de santé : veiller à ce que les améliorations apportées à la gestion financière ne soient pas des interventions isolées, mais qu’elles s’ancrent dans les institutions, les processus et les acteurs chargés de la prestation des soins de santé. En effet, la transformation durable des systèmes de santé ne peut se faire que lorsque les décisions s’appuient sur des données factuelles, que les dirigeants s’approprient le processus, que les capacités institutionnelles sont préservées et que la responsabilité fait partie intégrante des pratiques quotidiennes.

En fin de compte, le renforcement des systèmes financiers ne se limite pas à l'amélioration des registres et des contrôles. Il jette les bases d'une gestion plus transparente des ressources, d'une confiance accrue du public et de services de santé plus fiables pour les communautés qui en dépendent.

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